la compagnie tassel
vous connaissez cette expression datant du 12 ème siècle ???
La première fois que l'on voit apparaitre cette
expression c'est dans" la Chronique des Ducs de Normandie"
par Benoît, tom. II, p. 3, que Hugues-le-Grand
répond à Bernard le Danois: ,,
Servi m'a d'estrange gastel ;
C'est la compaignie Tassel
Qu'il m'a faite, com à musart."
ceci se passait en 945.
L’Estoire des Ducs de Normandie (1175), commandée par le roi d’Angleterre Henri II, puise ses sources de chroniqueurs tels que Guillaume de Jumièges, Guillaume de Poitiers, Dudon de Saint-Quentin et Robert Wace
.
On parlait au XIII° siècle de la compagnie TASSEL, « association frauduleuse, compagnie de traîtres », dit Godefroy qui cite le Lay de l’épervier :
Vartilas, dit-il, ce sachiez
Que ce jeu ne m’est pas bel :
C’est la compagnie TASSEL
Que vos me fêtes, ben le voi.
L’expression se trouve aussi dans le Roman de Renart :
C’est la compaingnie Tassel
Que vous me fêtes voirement.
Est-ce cela une « fausse compagnie », une compagnie de traîtres , que l’on rejoint en s’en allant ? Quant à l’alternative récente faire fausse compagnie, au lieu de « jouer », elle paraît construite d’après « faire faux bond » . Par contre la notion de « jeu », qui n’est « pas bel », semble être demeurée dans l’argotique « jouer les filles de l’air ».
Fausser compagnie
De là à ne plus vouloir du tout faire partie du groupe et, comme disait au XV siècle, jouer à la fausse compagnie, il n’y a qu’un pas. « Honoré Collin n’estoit point assuré qu’on leur jouast à la fausse compagnie » (Monstrelet). « On dit, fausse compagnie, ou jouer à la fausse compagnie, pour dire quitter un parti , trahir ceux avec qui on est associé », commente plus tard Furetière.
En effet, c’est l’idée de trahison que parait contenir le verbe fausser, comme on « fausse la monnaie : « ceulz qui corrompent ou falsent la monnaie « (XIV°) ou bien sa foi : « Ce fut chose moult estrange à luy de ainsi faulser sa foi et soy ainsi abaisser » ( XV°). Les deux notions sont juxtaposées dans cette phrase de Montaigne : « Nostre intelligence se conduisant par la seule voye de la parole, celuy qui la faulse trahit la société. »
Je pense que cette expression date du 12ème siècle ,le roman des ducs de Normandie à été écrit en 1175 et durant cette période les mercenaire brabants,ecossais sillonnaient la Normandie depuis 1137,depuis l'arrivée de Guillaume d'Ypres.
Guillaume d'Ypres
(vers 1090 - 24 janvier 1162, 1164 ou 1165, abbaye Saint-Pierre de Lo), burgrave d'Ypres puis gouverneur du Kent, fut un prétendant malheureux à la succession du comté de Flandre en 1119 puis en 1127-1128, et joua un rôle important en tant que capitaine de mercenaires pour le roi Étienne d'Angleterre durant la guerre civile pour la couronne d'Angleterre.
Il est le fils illégitime de Philippe d'Ypres et d'une concubine, et le petit-fils de Robert Ier († 1093), comte de Flandre[1]. Son père atteste quelques chartes sous le titre de comte d'Ypres[2]. Galbert de Bruges cite un passage d'une lettre de Louis VI de France disant de lui[2] : « illégitime, né d'un père noble et d'une mère roturière qui continua toute sa vie durant à carder la laine ». Vers 1119, il épouse une nièce de Clémence de Bourgogne, l'épouse de Robert II de Flandre[2]. Aucun n'enfant de lui n'est connu[2]. Il succède à son père avant 1118, mais n'hérite pas du titre comtal[2].
Ces mercenaires continuèrent de venir jusqu'a la prise de châteaux gaillard, et un célèbre mercenaire brabant Lambert Cadoc ou Kadoc, aida avec ses routiers ,Philippe auguste à la prise de châteaux Gaillard, et en remerciement lui donna les fiefs des seigneurs de Tosny(territoire immense Conches, Bolbec...), en plus de sa seigneurie de Gaillon.
Ce qui est intéressant avec Guillaume d'ypres, c'est qu'en 1137 dans la région de livarot, ses troupes de mercenaires flamants, et normands se disputèrent et se dispersent dans la région.
Livarot se situe dans le vicomté d'Orbec, à mon avis l'origine du nom en Normandie, je vous rappel que le lieu Tassel se situe sur la commune de Jouveaux, faisant partie également de la vicomté d'Orbec...
Pour ma part je situerai l'arrivé du nom Tassel en Normandie en 1137,surement originaire de la région d'Ypres,Cassel en Flandres.
UN PEU D'HISTOIRE SUR CADOC
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UN PEU D 'HISTOIRE SUR LES TOSNY
Orderic Vital mentionne les quatre principaux châteaux de la baronnie en 1119 : Conches-en-Ouche, Tosny, Portes, Acquigny.
Ce qu'il y a de très intéressant avec les fiefs des Tosny, c'est qu'il retrace géographiquement l'implantation du nom Tassel en haute Normandie.
Pour revenir à" la compagnie Tassel", on retrouve par rapport au texte de l'époque Tristan et Yseut (1175),le roman de renard(1170),chroniques des ducs de Normandie(1175),le mot dans les trois textes, ce qui voudrait dire que cette compagnie est antérieur à cette date, donc cela correspondrait bien avec l'arrivée des mercenaires de guillaume d'Ypres en 1137 en Normandie.D'autant plus que ces mercenaires ont été recruté non loin de la région de l'ile du Texel. Je pense aussi que parmi ces routiers l'on pouvait trouver des écossais,car il y a beaucoup de concordance entre le mot et le nom Tassel qui sont en lien avec l'écosse(voir menu écosse).
Comment ce sont formées les "grandes compagnies"???
Au Moyen âge, comme à toutes les époques
troublées de l'histoire, le brigandage présente une recrudescence effrayante. Ce
ne sont pas seulement les serfs révoltés contre leurs seigneurs, les paysans
réduits à la misère par la famine ou la guerre, les soudards licenciés après la
fin des hostilités, qui se réunissent en bandes pour vivre de rapine et de
pillage, ce sont aussi les barons et les seigneurs qui, à la tête de leurs
troupes, descendent de leurs châteaux pour détrousser les marchands passant dans
la plaine. Que nous promenions nos regards sur l'Allemagne, sur la France, sur
l'Angleterre, le spectacle est partout le même. Les confédérations des cités
allemandes durent surtout leur origine à la nécessité de tenir les routes et les
rivières libres pour le passage des personnes et des marchandises malgré les
nobles qui infestaient les grands chemins. Encore fallait-il que ceux qui
étaient chargés de la sécurité et du maintient de l'ordre jouent leur rôle. En
France, à l'époque de la captivité du roi Jean, une brigade de surveillance fut
instituée pour le maintien de I'ordre dans Paris; mais elle exploita la force
dont elle disposait pour le pillage et la rapine; aussi le peuple créa-t-il pour
désigner ces soldats le sobriquet de brigands, du nom d'une cette d'armes,
appelée brigandine, qu'ils portaient.
Dans les villes, les hors-la-loi médiévaux pouvaient se rasembler dans
d'étonnantes organisations, hautement structurées. Ainsi, à Paris, Les matois (fileus),
les malingreux (fausses plaies), les callots (teigneux), les sabouleux (faux
épileptiques), les piètres (faux estropiés), le hubins (faux enragés), les
coquillards (faux pèlerins), les rifodés (faux incendiés), les courtauds de
boutanche (faux ouvriers se disant sans travail), les drilles, narquois, gens de
petite flambe, tous les ribauds et toutes les ribaudes, toutes les classes de
voleurs, d'assassins, de mendiants et de vagabonds, formaient une association
dirigée par le grand Coësre, ou roi des Truands, et qui constituait le royaume
d'Argot et qui parlait la langue verte.
Les termes de brigandage (criminalité plutôt rurale) et de truanderie (plutôt
citadine) s'appliquent à la criminalité ordinaire. Mais, parallèlement, se
développe aussi le banditisme. Les bandes étaient, dans le principe, une petite
troupe de soldats d'aventure réunis et marchant sous une bannière. Elles
apparaissent sous les premiers Capétiens.
« Les grands feudataires, dit Boutaric, dans ses Institutions militaires de la
France avant les armées permanentes, entretenaient des bandes soldées, composées
de gens à pied et à cheval, connues sous le nom de coteraux, brabançons ou
routiers, bandits d'une cruauté implacable. »
A partir du règne de Philippe-Auguste, ces mercenaires sont fréquemment employés
au service des rois de France et deviennent, dans l'intervalle des guerres, le
fléau du paysan qu'ils pillent et accablent des plus cruelles exactions. Le
phénomène prend un telle ampleur que quand Philippe-Auguste part pour la
Terre-Sainte (Croisades), il décide que les soldats convaincus de brigandage
recevront sur la tête une libation de poix bouillante, qu'ils seront couverts de
plumes et abandonnés en cet état sur le premier rivage venu. Rien n'y fera. La
chronique de Saint-Denis les déclare : « pillards, voleurs, larrons infâmes,
dissolus, excommuniez » et, pendant cinq siècles, ils sont un objet de terreur
et d'exécration sous les noms significatifs d'aventuriers, ribauds,
francs-taupins, mauvais garçons, écorcheurs, fendeurs, mille-diables, etc. La
guerre de Cent ans vit les tard-venus, les malandrins ravager les campagnes.
Pour s'y retrouver, voici quelques éléments de vocabulaire :
Les Brabançons. En 1135, Guillaume d'Ypres amena à Étienne de Blois des bandes
de mercenaires recrutés en Brabant, qui l'aidèrent dans ses entreprises en
Angleterre. Répandus quelques années plus tard sur le continent, ravageant et
dévastant les pays où ils passaient, se mettant à la solde de qui voulait les
payer, ces aventuriers donnèrent au nom de Brabançons une renommée sinistre.
Longtemps le peuple donna le nom de brabançons, quelle que fait du reste leur
origine, aux brigands armés qui vivaient de pillage et de rapines.
Les Malandrins. D'après Du Cange, le mot malandrin (malandrinus, maladrinus)
signifie voleur, brigand, pirate). Il en faut rapprocher le mot malandre, qui
voulait dire, entre autres sens, lèpre, ulcère, et, généralement, maux. Il
paraît qu'à l'époque des croisades on appelait malandrins les voleurs arabes ou
égyptiens. Ce nom fut ensuite donné, en France, aux routiers qui, depuis le XIIe
siècle, jusqu'à la fin de la guerre de Cent ans, y exercèrent trop souvent leurs
brigandages. Tels furent les Cotereaux, les Tard-Venus, les Ecorcheurs, les
aventuriers de tous les pays, qui formèrent les Grandes compagnies. Le nom de
malandrins se trouve dans le récit que Froissart consacre à l'expédition de J.
de Vienne en Écosse (1385).
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Les Grandes compagnies Les compagnies étaient des troupes d'aventuriers, soldées par les princes en temps de guerre, et vivant de pillage et de rançons en temps de paix ou de trêve. Au Moyen âge, elles apparurent dès que les suzerains, ne trouvant plus les ressources humaines suffisantes dans leurs contingents féodaux, commencèrent à payer des bandes de soudoyers, formées par le hasard, la misère, l'habitude des guerres privées ou le goût des aventures. Les premières
bandes de ce genre, en France, sont signalées par
Suger à l'époque de
la croisade
de Louis VII, au
milieu du XIIe
siècle. Ce sont des Aragonais, Basques,
Navarrais, Mainades, Triavordins, Paillards, Brabançons, Cotereaux et
Routiers. L'empereur Frédéric Barberousse,
Henri II et
Richard Coeur
de Lion, roi d'Angleterre, en prirent à leur solde. En vain,
l'Eglise Les grandes guerres du XIVe siècle virent reparâtre les bandes errantes : ce fut surtout pendant la longue lutte de la France contre l'Angleterre, dite guerre de Cent ans. A la faveur des invasions anglaises, des soudoyers au compte d'Edouard III occupèrent un grand nombre de lieux fortifiés du plat pays de France. De plus, le 1er août 1359, le roi de Navarre, Charles le Mauvais, s'allia au roi d'Angleterre contre Jean II; des bandes navarraises se joignirent désormais aux bandes anglaises. Lorsque la paix fut faite à Brétigny et à Calais (1360), toutes les compagnies se trouvèrent livrées à elles-mêmes; n'étant plus soldées, elles restèrent établies dans les châteaux qu'elles occupaient, malgré les stipulations du traité (Traité de Calais, articles 27 et 28), continuant à faire des prisonniers et à ravager les campagnes. S. Luce (Hist. de Bertrand Du Guesclin, ch. x) a décrit l'existence ordinaire de ces compagnies du XIVe siècle. Elles étaient composées des éléments les plus variés, gens d'origine et de nationalité différentes, ignorants et grossiers, cruels envers les prisonniers qui ne pouvaient payer rançon, aimant le luxe, les habits grotesques, les pays plantureux; leurs plaisirs étaient les repas copieux, le viol et la lutte. La compagnie faisait un tout complet avec ses équipages, ses ouvriers, clercs, médecins, cuisiniers, brocanteurs. Lorsque les chefs étaient fatigués de leur vie incertaine et vagabonde, ils entraient au service du roi de France, comme l'archiprêtre Arnaud de Cervole. Parmi les chefs les plus fameux, on peut citer les Anglais Robert Knolles, Jean Jouël, Jean Hakwood, le Wallon Eustache d'Auberchicourt, etc. Les pays où ils séjournaient de préférence étaient les pays riches où les pâturages étaient beaux et le vin abondant : Normandie, Ile-de-France, Bourgogne, Bas-Languedoc, etc. Froissart a laissé sur les principaux chefs des récits pleins de pittoresque, dont le plus connu est celui de la vie de Mérigot Marchès. Ces compagnies restèrent presque toutes dans le royaume tant que dura la paix (1360-1369). En Normandie, les bandes installées dans les abbayes fortifiées et les châteaux furent vivement attaquées et poursuivies par Bertrand du Guesclin, qui finira par en venir à bout, au moins pour quelque temps. Avant qu'il n'y parvienne, cependant, en Bourgogne et en Lyonnais, plusieurs compagnies se réunirent sous le nom de Grande-Compagnie de Tard-Venus. Les Tard-Venus.
Ils formèrent la
plus connue des Grandes Compagnies, composée de plusieurs bandes, dont
l'effectif s'éleva jusqu'à 15 000 hommes. Sous la conduite de Séguin de
Badefol, seigneur gascon, et de Petit Meschin, aventurier de basse
naissance, ils prirent Joinville (25 décembre
1360), envahirent
la Bourgogne, le Forez, le Lyonnais, s'emparèrent du Pont-Saint-Esprit,
menacèrent le pape à Avignon Le comte de
Tancarville, lieutenant général du roi dans les pays de Champagne,
Bourgogne et Forez, Jacques de Bourbon, comte de La Marche et son fils,
Pierre de Bourbon, réunirent un grand nombre de seigneurs et
s'avancèrent jusqu'à Brignais, à 10 kilomètres au Sud de Lyon, où ils
rencontrèrent les Tard-Venus, qui leur infligèrent une sanglante défaite
(6 avril 1362).
Beaucoup de seigneurs, notamment le comte de Forez, furent tués; Jacques
et Pierre de Bourbon, moururent, quelques jours après, de leurs
blessures; le comte de Tancarville, le fameux Arnaud de Cervole, dit
l'Archiprêtre, etc., furent pris dans cette désastreuse journée. Les
Tard-Venus étendirent ensuite leurs déprédations jusque dans la
Franche-Comté et l'Auvergne C'est de cette époque que datent aussi les premières tentatives pour détourner les Compagnies vers d'autres pays. Déjà en 1361, le marquis de Montferrat avait ainsi voulu en appeler quelques-unes en Italie; ce furent les mêmes qui, en Provence, reconnurent pour roi de France le Siennois Giannino Gucci, prétendu fils de Louis X (Jean Ier). et, en 1362, le maréchal d'Audreliem signa un traité à Glermont avec don Enrique de Transtamare, bâtard d'Alonzo VI et prétendant au trône de Castille, qui devait emmener en Espagne les routiers du Bas-Languedoc. Urbain V espéra vainement encore, en 1362, en faire partir une partie pour la croisade. En 1363, le pape et Charles V tentèrent, toujours sans succès, d'expédier les compagnies au roi de Hongrie pour faire la guerre aux Turcs.
Bertrand du
Guesclin fut plus heureux : avec l'aide et l'argent du roi, il
réunit à Châlons des compagnies de Normandie, Champagne, Bourgogne, et
se mit à leur tête; à Avignon, il força le pape à donner de l'argent et
à lever l'excommunication prononcée contre les routiers dès le 27 mai
1364.
Puis cette armée passa les Pyrénées et vint en Castille combattre don
Pedro le Cruel et installer à sa place don Enrique. Licenciées après la
fuite de don Pedro, les compagnies étaient retournées au Nord des
Pyrénées, et recommençaient leurs pillages jusqu'à la Loire, quand elles
furent réunies de nouveau, mais cette fois par le prince de Galles qui,
parti de Bordeaux, allait rétablir don Pedro sur le trône de Castille.
Don Enrique et du Guesclin furent battus par leurs soldats de l'année
précédente à Navarette (3 avril 1367).
Une troisième expédition fut faite en
1368 : Du Guesclin y conduisit encore
des routiers du Languedoc et d'Auvergne Des faits analogues se produisirent lorsque, pendant les trêves qui occupèrent la première partie du règne de Charles VI, un grand nombre d'hommes d'armes demeurèrent sans ressources sur le plat pays. Durrieu (Les Gascons en Italie) a raconté avec vivacité les efforts faits par des chefs gascons, Jean III et Bernard d'Armagnac, Bernard de la Salle, pour entraîner les nouvelles bandes en Italie et les utiliser dans les guerres perpétuelles que se faisaient les papes, les Visconti Milan, les républiques de Sienne et de Florence ou les prétendants au royaume de Naples, à la fin du XVe siècle. La Compagnie blanche.
« Ardents et cupides, familiarisés au meurtre et à la rapine, ils étaient prompts à saisir le fer, car ils se souciaient peu de leurs personnes; mais, quand il s'agissait de combattre, ils s'empressaient d'obéir à leurs chefs, bien que dans les campements, à cause de leur audace imprudente, ils se dispersassent sans ordre, de manière à recevoir facilement de gens courageux dommage et honte.Telle était la bande anglaise dont Acuto devint le chef quand Bogardo, qui s'était unie à elle, s'entendit avec Sterz pour former une autre compagnie sous le nom de Compagnie de l'Etoile. Sous la direction d'Acuto, la Compagnie blanche, qui avait déjà détruit cinquante-trois forteresses, devint une bande de furieux, pillant et saccageant les villes ennemies et souvent aussi les villes alliées, violant les femmes et égorgeant jusqu'aux enfants qu'ils embrochaient avec leurs lances et qu'ils portaient ainsi au milieu des cités terrifiées. Comme les autres chefs de bandes, Acuto vendait ses services au plus offrant et trahissait celui qui le payait quand un autre venait lui proposer une somme plus forte. En 1363, on le trouve secondant Barnabas Visconti et se faisant accorder la main de Donnina Visconti. La Compagnie blanche comprenait alors cinq cents cavaliers et deux mille fantassins. A leur tête, Acuto, que Barnabas Visconti avait envoyé au secours de Pise que les Florentins bloquaient, dévasta la campagne, s'avança jusque sous les murs de la ville ennemie et fit pendre devant ses portes trois ânes avec les noms de trois magistrats florentins. Mais, malgré tous ses efforts, il ne parvint pas à s'emparer de la ville, et fut même obligé de s'enfuir. De retour à Pise, ne pouvant obtenir des magistrats pisans la dernière solde due à ses compagnons, il fit promettre à Jean Agnello de leur compter le montant de l'arriéré et le fit proclamer doge. La paix signée, Acuto ne tarda pas à se brouiller avec les Visconti qui avaient plusieurs fois tenté de le faire assassiner. En 1371, trouvant l'occasion de se venger d'eux et de piller encore, il s'engage dans la ligue du pape Grégoire Xl contre les Visconti et les bat sur le Penaro (5 janvier 1372) et à Chiesi (8 mai 1372); puis, poussé par le pape, il dévaste la Toscane, pillant tout sur son passage. Trahissant la cause du pape, il vend aux Florentins 130 000 florins son inaction et refuse de marcher contre eux; ne pouvant lui offrir une pareille somme pour l'amener à rentrer en Toscane, Grégoire XI lui confie la pacification de la Romane qui vient presque tout entière de se déclarer contre lui. Acuto donne à sa compagnie le nom de Sainte et dévaste la Romagne sous couleur de religion. En 1376, l'évêque d'Ostie l'appelle à son secours et le charge de résister à Manfred, mais en lui déclarant ne pouvoir le payer par avance; Acuto se fâche, fait arrêter trois cents des principaux citoyens de Faenza, en bannit onze mille autres, et abandonne les femmes et la ville aux soldats. Ces excès commis, Jean Acuto vendit la ville au duc d'Este, moyennant 40 000 florins, puis la lui reprit pour la donner à Manfred qui, moyennant la possession de Faenza, Bagnocavallo et Castrocaro, s'engageait à servir le pape. Mais le pape rêvait d'écraser Florence. Il lance de nouveau la Compagnie blanche en Toscane et donne à Acuto deux compagnons dignes de lui, le légat Robert de Genève et le Breton Malestroit. De nouveau les villes sont mises à feu et à sang; on égorge les habitants de dix cités et le viol est commis sur les places, à la vue des soldats ivres et fous, puis les victimes sont pendues. Césène devint la proie des flammes et les femmes, nues, souillées, mourant de faim, sont exposées à la fureur des aventuriers. Acuto, pris de pitié, parlait de faire cesser le massacre, mais le légat, refusant, s'écriait : « Du sang, je veux du sang! égorgez tout le monde sans épargner personne! »Les troubles de Naples lui offrirent un nouveau champ à exploiter. C'est, dit-on, par les conseils d'Acuto que Charles III laissa se fondre d'elle-même, par la famine, l'armée du compétiteur que le pape lui avant suscité. En 1382, nous trouvons Jean Acuto servant, conjointement avec Antoine de la Scala, la république de Venise, et portant la désolation jusqu'aux portes de Vérone et de Vicence. En 1387, nous retrouvons la Compagnie blanche et son chef aidant François Ier de Carrare, seigneur de Padoue, contre son ancien compagnon Antoine de la Scala et contre les Vénitiens dont il avait abandonné la cause. En 1390, dans la guerre de Florence et de Bologne contre Visconti, Acuto eut à combattre un autre condottiere célèbre, Jacques del Verme, à la solde des Visconti. Il s'avança jusqu'à Brescia et à quatre milles de Milan, et se proposait d'attaquer cette ville, lorsque la défaite de son auxiliaire, le duc d'Armagnac (25 juillet 1391), l'obligea de se retirer dans la plaine véronaise. Comme il avait établi son camp sur le sommet d'une colline, Jacques de Vérone ouvrit les digues de l'Adige et transforma la colline en une île, puis il lui envoya par raillerie un renard enfermé dans une cage. « Le renard trouvera bien le moyen de sortir du piège », répondit Acuto.
En effet, il
découvrit un gué, marcha dans l'eau un jour entier et réussit à mettre
son armée, alors forte de 6000 hommes, en sûreté. Florence lui payait
alors 2000 florins par an, l'exemptait d'impôts lui et son fils, donnait
de riches dots à ses trois filles et assignait un douaire à sa femme. A
sa mort, qui survint en 1394,
on lui fit des obsèques de prince, un mausolée lui fut érigé à
Sainte-Marie des Fleurs et le roi d'Angleterre réclama ses cendres. Le
portrait d'Hawkwood a été peint par Paolo Uccello, sur une des parois
intérieures de la cathédrale de Florence (Sainte-Marie des Fleurs).
Les Ecorcheurs.
Ces gens de guerre exercèrent dans toute la France un véritable brigandage. On pourrait sans doute donner ce nom aux bandes de mercenaires, grandes compagnies, armagnacs, routiers, qui, pendant toute la guerre de Cent ans, commirent partout les plus horribles ravages; mais il s'applique particulièrement aux aventuriers qui, de 1435 à 1445, se signalèrent par une recrudescence de déprédations et de férocité. Après le traité
d'Arras « ils retondoient tout ce que les premiers croient failly de happer » (O. de La Marche).Ni les ordonnances royales, ni la sévérité, pourtant si redoutée, du connétable, ne purent même atténuer le mal. La résistance des écorcheurs fut, avec celle de la féodalité, le principal obstacle aux réformes militaires si ardemment réclamées par les Etats généraux de 1439, et la principale cause de la Praguerie (1440). Quand la trêve de Tours (20 mai 1444) suspendit les hostilités entre la France et l'Angleterre, le péril devint encore plus menaçant. Lorsque
Charles VII eut
reconquis la plus grande partie de son royaume et son gouvernement
recouvré sa force et sa régularité, d'efficaces mesures furent prises
pour délivrer la France des compagnies. Le dauphin, le roi lui-même, en
emmenèrent une partie, l'un en Suisse, combattre les cantons au profit
de l'empereur Frédéric Ill, l'autre tenter de soumettre Metz L'enrégimentation des
bandes. Brantôme a laissé du type de ces aventuriers un portrait bien connu, mais trop curieux et trop pittoresque pour que nous l'omettions ici. « Habillez plus à la pandarde vraiment, comme l'on disait de ce temps, qu'à la propreté; portants des chemises à longues et grandes manches, comme Bohêmes de jadis et Mores, qui leur duraient vestues plus de deux ou trois mois sans changer [...]. Montrants leurs poictrines velues et pelues et toutes descouvertes, les chausses plus bigarrées, dechicquetées et balafrées, usant de ces mots; et la pluspart montroient la chair de la cuisse, voire des fesses [...]. C'estoient, la pluspart, gens de sac et de corde, méchants garnements, échappez à la justice, et surtout force marquez de la fleur de lys sur l'espaule, essorillez et qui cachoient les oreilles, à dire vray, par longs cheveux hérissez, barbes horribles, tant pour ceste raison que pour se montrer effroyables à leurs ennemis.-»Pour arrêter les exactions de ces dangereux auxiliaires, François ler, dans un édit, en 1523, prononce la peine de mort contre quiconque lèvera des gens de guerre sans la permission du roi et livre à la merci de qui pourra les prendre : « ces aventuriers, gens vagabonds, oiseux, perdus, meschants, flagitieux, abandonnez à tous vices, larrons, meurtriers, faits pour nuire à chascun, lesquels sont coustumiers de manger et dévorer le peuple, battre, chasser et mettre le bonhomme hors de sa maison.-»Deux autres ordonnances sont rendues en 1527 et 1543 pour le même objet. Ces mesures sévères atteignent leur but, et Brantôme peut dire « qu'il s'est vu sortir de très bons soldats de ces goujats ». Le nom de vieilles bandes fut revendiqué par les bandes de Picardie et de Piémont, dès l'année 1535, comme un honneur. A Cerisoles, en 1544, ce sont les vieilles bandes de Piémont qui, se portant à une charge vigoureuse sous leur colonel M. de Taix, décident de la victoire. Deux ans plus tard, le 5 mai 1542, Charles de Cossé-Brissac avait été placé à la tête de celles de ces vieilles bandes envoyées pour combattre en Roussillon. En 1549, devant Boulogne, le connétable de Montmorency a sous ses ordres 32 vieilles bandes de Picardie et de Piémont et 40 nouvelles bandes. L'effectif des bandes était éminemment variable suivant la renommée du chef, les chances heureuses que l'on supposait à la campagne entreprise, etc. Voici, d'après le général Susane, quelle était la formation tactique de la bande : « Un carré plein, les piquiers au centre, les arquebusiers à l'extérieur, le capitaine en avant, le lieutenant en serre-file et l'enseigne au premier rang des piquiers. Quand le combat s'engageait, les piquiers s'arrêtaient et les arquebusiers, dirigés par le lieutenant, s'éparpillaient en tirailleurs. Si l'action devenait sérieuse, les arquebusiers se retiraient derrière les piquiers, et ceux-ci soutenaient l'attaque en croisant le fer de leurs piques ou s'élançant à la charge sans rompre leurs ordonances. »Les bandes marchaient au son du fifre et, à partir de 1534, à celui du tambour. Elles possédaient comme cadre : un capitaine, un lieutenant, un enseigne, deux sergents, un caporal ou cap d'escouade par 25 hommes, douze lances-pessades et quatre paiesroyales. On appelait de ces derniers noms des gentilshommes sans fortune qui ne pouvaient se fournir de ce qu'il fallait pour combattre à cheval. Ils servaient alors dans l'infanterie où ils jouissaient de certains privilèges. Bien qu'il soit question encore des bandes dans les ordonnances de 1578 et de 1598, leur existence se termine virtuellement à la fin du règne de Henri II, lorsqu'apparaissent les premiers régiments. Prolongements.
A la même époque des déserteurs et des soldats congédiés formaient l'association des rougets et des grisons. Sous les ordres du sieur de la Chenaye ils furent Ion temps la terreur des environs de Paris, et notamment de la forêt d'Orléans. Plus célèbres encore étaient à ce moment les trais frères Guilleri. Issus de bonne famille, après avoir servi au temps de la Ligue, sous le duc de Mercœur, ils recrutèrent une troupe de voleurs avec laquelle ils parcoururent le Lyonnais, la Guyenne et la Saintonge, le Maine, l'Anjou, etc. Leur quartier général était un château qu'ils avaient bâti eux-mêmes à quelque distance de Nantes, dans la forêt de Machecoul. Le prévôt de Rouen avant tenté de donner assaut, sept archers furent pris et pendus; le prévôt de Nantes fut plus heureux; il captura, en effet, deux des frères Guilleri, mais le plus jeune réussit à s'échapper; enfin, le gouverneur de Niort attaqua Machecoul avec deux pièces de grosse artillerie, et mit fin à cette horde de bandits. (A. Lecler / A. Coville / E. Cosneau / M. Barroux / F. B.). |
2 ème théorie
Cette expression viendrait elle d'une expression normande, qui est :" former des barbes "
explication:
v. intr. - former des barbes ou des gerbes
Faire barbe de foin, de foirre, ou foarre, ou de paille, à quelqu'un , c'étoit l'insulter. (Oudin, Dict. et Cur. Fr. - Voy. Régnier, Satyre VI.) St Julien, dans ses Mélanges historiques, p. 108, prétend qu'il faut dire gerbe, au lieu de barbe. Cependant cette façon de parler est encore usitée en quelques endroits de la Normandie, où l'on dit : " Faire barbe de feurre à quelqu'un, pour le recevoir mal, l'accueillir froidement. Faire à Dieu barbe
"gerbe de feurre " c'est-à-dire donner à Dieu ce qu'on a de pis, une barbe d'épi, une gerbe qui n'a que la paille sans grain, quand on paye la dîme au curé. (Mousk. MS. p. 787.)
On dit proverbialement, Faire la gerbe de fouarre à Dieu, pour dire, Donner au Curé la plus meschante gerbe pour la dixme, celle où il n'y a que du fouarre, & peu de grain. On a dit autrefois Barbe, & par corruption, faire barbe de fouarre à Dieu.
Peut-être une relation aussi avec le cardère, qui à l'époque était cultivé dans notre région, et forcement celui qui le cultivait était mal vu ,quand il payait la dime avec !!!(voir cardère)
D'ailleurs ,on appel tasseor celui qui entasse les gerbes de la dîme,def:
Tasseor. [Celui qui entasse les gerbes de la dîme : " Se le veet le tasseor, Il le metteit à grant dolor, Il en voudroit avoir del vin. " (Cens. de Verson, V, 77.)]
"Il ne faut point faire barbe de fouarre à Dieu" : proverbe signifiant qu'il ne faut pas parler de Dieu avec irrévérence (le mot fouarre désignant la paille de céréales).
Pour résumer cette expression à la même signification que "la compagnie (à)tassel",que l'on employait à l'époque pour exprimer une "mauvaise compagnie".
3EME THEORIE:
le chardon
C'est en rapport avec le cardère(chardon) ,un proverbe raconte: "Aimable comme un chardon", se dit d'une personne désagréable et revêche. C'est un vrai chardon, qui s'y frotte s'y pique.
Mais à mon avis cela vient plutôt du laneur, c'est celui qui utilisait les chardons pour "laner" les draps, je m'explique;
le mot lanner est intéressant, car il veut dire brosser, déchirer, et un mot se rapproche de laner, c'est le "lanier".
il a deux significations: la première, il désigne la femelle du faucon, qui déchire ses proies, c'est intéressant car le mot tassel en vieil anglais désigne un faucon!!
la deuxième significations de lanier ou laner, veux dire un homme lâche, paresseux, ce qui correspondrait bien à cette définition de la compagnie Tassel.
Quelques définitions:
Lanner. [Apprêter, mettre en oeuvre la laine, aux Ord. VII, p. 514, an. 1402.]
Laneur. [Ouvrier en laine : " Robin Trebut povre varlet laneur de la ville d'Evreux. " (JJ. 140, p. 208, an. 1391.)]
Lanneur. [Ouvrier en laine : " Jaquemin Hermin de Nielle le Chastel, lanneur de draps, lequel lanneur requist. " (JJ. 112, p. 113, an. 1377.)]
Laner. [Lâche. (Voir LANIER) : Avare , mesquin ; lâche , poltron , lent , paresseux ; de lana- rius; oiseau de proie qui a peu de courage, et qui étoit moins estimé que le faucon. " Car teus est povres qui a corages fers Et teuz est riches qui a le coeur laner. " (Gérard de Viane, dans Du Cange, t. IV, fol. 20 c.)]
LANIER (la-nié ; l'r ne se lie
jamais ; au pluriel, l's se lie : des la-nié-z excellents), s. m. Nom d'un
oiseau de proie qui est la femelle du laneret, et qui était un oiseau de leurre
dans la fauconnerie, faucon lanier, falco lanarius, SCHLEGEL. Quoique Belon
dise que le lanier était de son temps naturel en France, il est presque sûr
qu'on ne l'y trouve plus aujourd'hui, BUFF. Ois. t. I, p. 352.
Lanier cendré, le busard Saint-Martin ou busard soubuse (circus gallinaris,
SAVIGNY).
2° Homme semblable au lanier, lâche, paresseux :
Laigner: se plaindre, murmurer, gronder(ici on retrouve la signification du mot en danois, suédois et norvegien "tissel och tassel"voir viking danois)
En patois normand le chardon à foulon se disait " CARDON-LANIER " !!!
HISTORIQUE.
XIIe s. Mal dehait ait ! je le taing por lanier [lâche] Le gentilhomme, quant
il doit tornoier, à gentil dame quant se va conseiller, Raoul de C. 44.
XIIIe s. De la trahison faire [elle] ne fu mie laniere, Berte, XII. ....Pensée
auroit laniere Qui [à] si bele pucele monstreroit laide chere, ib. XX.
XIVe s. Le lannier ne vole fors aux perdris et aucune fois au connin et au
lievre, et non plus, Ménagier, III, 2.
XVe s. Lequel estoit trop coustumier En chambre natée, loing de rue, En lieu d'aultour
et de lasnier, De tenir des garces en mue, COQUILLART, Enquête de la simple et
de la rusée.
ÉTYMOLOGIE.
Provenç. lanier ; ital. laniere ; du lat. laniarius, qui déchire, de laniare,
déchirer, à cause que cet oiseau déchire sa proie. Raynouard, au contraire, le
tire de lana, laine. Le fait est que lanier avait pris le sens figuré de lâche,
sens qui semble mal s'accommoder avec laniare, déchirer. Mais on peut dire que
le lanier était un oiseau qui n'allait qu'à la perdrix et au lapin, et qui
n'attaquait pas le héron ; circonstance qui le fit prendre pour le type du
paresseux, du lâche.